Agenda cliquez ici
Dictionnaire du Jazz, Editions Robert Laffont Suggérer par mail

LUBAT Bernard. Batteur, pianiste, vibraphoniste, claviériste, bandonéoniste, accordéoniste, chanteur, compositeur et comédien français (Uzeste 12-7-1945). Fils d’un trompettiste amateur, Alban Lubat, il l’accompagne, dès cinq ans, dans les bals. Il joue le plus souvent de l’accordéon. Il étudie le piano et, à partir de 1957, fréquente le conservatoire de Bordeaux, où il découvre presque simultanément la batterie, le jazz et Milt Jackson. En 1961, il entre au conservatoire de Paris, d’où il sort en 1963 avec un premier prix de percussion. Puis il est engagé dans le grand orchestre de Jef Gilson (1965), où il fait la connaissance de Michel Portal, Bernard Vitet, François Jeanneau, Jean-Louis Chautemps, Henri Texier…, qu’il retrouvera à divers moments de sa carrière. Il débute aussi dans les studios parisiens, où il accompagne les vedettes de la chanson. Il travaille comme vibraphoniste avec Jean-Luc Ponty et Martial Solal, comme batteur avec Stan Getz et Eddy Louiss. Il fait partie, en 1965, des Double Six. Et, maintenant, travaille dans le domaine de la musique contemporaine avec Diégo Masson, joue Varese, Bartok, Xenakis, participe à la création de Chemin 2, de Luciano Berio, à la Scala de Milan, ainsi qu’à l’enregistrement de Laborintus. Avec Portal, Jean-François Jenny-Clark et Jean-Pierre Drouet, il se lance dans le free jazz. De 1969 à 1973, on l’entend également avec Eddy Louiss et René Thomas. En 1975, il forme un groupe avec André Ceccarelli (dm), Marc Bertaux, Tony Bonfils (b). En 1977 naissent simultanément Uzeste Musical – festival dont il est le concepteur et l’animateur – et la Compagnie Lubat, groupe au personnel modulable où l’on verra aller et venir certains des meilleurs musiciens français, et qui, en dehors de ses activités aux côtés du chanteur Claude Nougaro, de Portal ou Texier, constitue l’essentiel de son travail. On l’entend en 1985 avec Max Roach, Eddy Louiss, Manu Dibango et Salif Keita à l’occasion d’un concert pour le leader sud-africain emprisonné Nelson Mandela. En 1986 se reconstitue ponctuellement le trio Lubat - Barre Philipps - Hervé Bourde.
A la fois musicien d’expression et d’exécution, Bernard Lubat est un poly-instrumentiste doué, un fabuleux touche-à-tout capable des extrêmes : des séances de studio pour produire de la musique anonyme au kilomètre, qu’il peut délaisser pour un bal populaire animé seulement par son accordéon. A la batterie, il fait preuve d’une précision rythmique implacable et demande au soliste qu’il accompagne de donner le maximum de lui-même. C’est un batteur généraliste, aussi performant en petite formation qu’en big band, dans des musiques libres autant que dans des musiques à tempo. A l’aise dans tous les contextes musicaux, il est capable d’inventer des espaces autant que de jouer dans un espace contraint. Ses préférences, en rapport avec une personnalité extravertie, vont à l’expression théâtrale et à la musique mise en scène. Avec le festival d’Uzeste, mais aussi toutes les activités et manifestations (musicales, poétiques, polémiques…) qu’il suggère et fomente tout au long de l’année, il rapproche ses origines rurales et les fondements du jazz, imaginant la Gascogne comme le berceau fantasmagorique d’une voie française originale.
Pascale Barithel & Christian Gauffre
Mickey Schroeder’s Dream (1972), avec Portal : « La Cecilia » (1974), Los Inclassables (1976), En avant la musette (1976), « Engatsse » (H. Bourde, 1979), Lubalade (1984), Berinbau (Maurice Vander, 1984).

 
< Précédent   Suivant >