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Bernard Lubat






Bernard Lubat Suggérer par mail


... de Kenny Clarke, Luciano Berio, Stan Getz, Eddy Louiss ouMichel Portal, multi-prix jamais pris de conservatoire, synthèseparfaite de Lacan et Coluche, formidable batteur, moissonneur,pianiste, accordéoniste, bruitiste, « improète », prophète sans pays,agitateur depuis avant, corps et âme de la Compagnie Lubat de Gasconha.[…]

Bernard Lubat a fait le métier

(batteur pour musiciens et chanteurs prestigieux ou minables) a fait plusieurs métiers (musicien, musichien, sampleur de charme, cascadeur de compagnie, lanceur de géants), a fait mille métiers mais plutôt en musique. Chercheur poético-scientifique de haut rang, à table il fredonne et tambourine, trousse un chabada pour fourchette et couteau, c’est en réalité quand il parle qu’il joue. Programme, en Lubat dans le texte : « C’est par où ? C’est par l’art ! : psy-comédie poïélitique autobiographitique. » Il n’est pas impossible qu’un jour on mesure l’ampleur réelle de l’artiste. Rien n’est moins sûr. De son vivant, il est bien trop vivant pour qu’on s’en aperçoive. […]

Lubat a une histoire où la chronologie s’étouffe : il est là, à tout moment, entier. Constantes : la politique, l’action, et la musique. Il ne ressasse jamais. Ne parle que du concert d’hier et de celui qui vient. […]

Point nodal

En musique improvisée, on ne choisit pas. Lubat pratique la folie raisonnée. Son point de lucidité : « Me retrouver pas à ma place : je sais que je sais ne pas commencer. » Tous les soirs, il ne commencera pas. Il a essayé. Il ne tient plus à subir les fausses mémoires. La vraie mémoire c’est le trou. Ça répond. La musique arrive : « C’est celle-là qui m’invente un musicien. » Il n’a aucun mérite à ne pas commencer : « Ce n’est qu’un combat, continuons le début. » A L’Estaminet d’Uzeste, il apprend d’Alban son père la batterie, le communisme rural et l’accordéon. Bal , balloche, apéros. Passons sur les prix et les conservatoires, la mère conserve des foies gras, le fils file à Paris.

Il ne joue pas le jeu

Au Blue Note, Kenny Clarke lui enseigne les derniers grands secrets. Double Six, Eddy Louiss, Berio et Globokar : dans l’ombre, Portal. Lubat est un des derniers chanteurs de scat authentiques. Mais ce n’est pas l’inessentiel. Gagne aux années folles pas mal d’argent. Le dépense. N’en parle jamais, revient toujours à l’immédiat. […]

Un soir de concert de luxe à L’Estaminet d’Uzeste, on a vu (de loin, pour les laisser entre eux) Cecil Taylor longuement converser avec Marie Lubat, la mère. Elle parle très bien gascon et lui avec beaucoup d’élégance, l’américain ponctué d’un peu d’indien ancien, mais à peine, comme on plaque un presque accord, juste pour dire le mot juste. Cette conversation longue, vive, grave et gaie, entre le dandy volcanique des avant-gardes et la vieille dame de Gascogne, est un des moment de meilleure improvisation de la Compagnie Lubat. A Uzeste, la musique n’est pas que dans les concerts et les performances, elle est dans la cuisine de Marie Lubat, dans les débats, les apéros, les feux d’artifice d’Auzier. Elle n’est pas partout : simplement là. Plus les interstices, pour ne pas voir.

Qu’est-ce qu’on pourrait dire d’un vieux Lubat dictionnarisé : «Compositeur improvisateur du début du XXIe siècle, génial multi-instrumentiste, clown social, a fondé la Compagnie Lubat de Gasconha en 1978.» De Lubat vivant, on ne dira rien, essayer de l’entendre. Le voir tous les soirs. Il n’a pas grand-chose d’un gourou, sauf la couleur. Son autobiographitique ne parle pas de lui, elle parle de ce qui nous attend. Pour peu que nous apprenions à rire (et la musique, toute). 

Lire la biographie sur le Dictionnaire du Jazz

Livres :

  • « Les soleils de Bernard Lubat » par Christian Laborde (éditions Eche, 1987)
  • « Bernard Lubat - La musique n’est pas une marchandise », entretiens avec Guy Caunègre (éditions Golias, 2001)

Films :

  • « Lubat musique père et fils » de Richard Copans (Les films d’ici, 1989)
  • « Uzeste, Lubat et Cie » de Patrice Rollet, 1996 (Lo Productions / C9 Télévision)
  • « Jazz collection : Bernard Lubat » de Eric Pittard, 1996 (Ex-Nihilo / La Septe Arte)
  • « Uzeste Manifeste » de Thierry Bordes, 1995 (FilmO)

Discographie :

  • "Chansons enjazzées" CD 10 titres, Labeluz / Harmonia mundi, 2008
  • " Improvista" Michel Portal/Bernard Lubat un film de Pascal Convert, Lubat Jazzcogne Productions, 2006
  • " Vive l'Amusique !" Livre/Cd/Dvd, Artistes & Associés/Lubat Jazzcogne Productions, 2005
  • "Scatrap Jazzcogne" Compagnie Lubat de Gasconha, Labeluz / Harmonia mundi, 1994
  • " Conversatoire-Piano Lubat Solo" 1999 Labeluz / harmonia mundi, 1999
  • " Poiésiques" Manciet/Lubat, Livre/Cd, Labeluz

 

 
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